Haile Selassie I Ras Tafari
Empereur d'Ethiopie
Lion Conquérant de la Tribu de Juda,
Elu de Jah
225me Descendant du Roi Salomon et
de la Reine de Schéba
Traduite par Pascal "Mawuli" Mace
L'Ethiopie De 1892 à 1937.
Et après bien des tribulations de Babylone et une recherche infructueuse d'un hypotétique éditeur qui comme moi aurait décidé de reverser une partie des gains a la Famille Impériale Ethiopienne , j'ai décidé de le mettre en ligne en 2008, bien sur dans un premier temps, je me contenterai de ne mettre que morceaux par morceaux.
ET BIEN DEPUIS DES NOUVELLES SONT TOMBEES.J'AVAIS TROUVE UN EDITEUR (RESPECT A LA BOUTIQUE DES ARTISTES.COM) QUI ETAIT PRET A REVERSER UNE PARTIE DE SES BENEFICES A LA FAMILLE IMPERIALE TOUT COMME MOI UNE PARTIE DE MON SALAIRE ( CELA S'APPELLE LA DIME) , EDWARD ULLENDORFF A BLOQUE LES DROITS MECHAMENT SANS AUCUNE COMPREHENSION DU MESSAGE, C'EST SON PROBLEME ENTRE LUI ET JAH.
QUANT A MOI C'EST MON TRAVAIL ALORS JE LE METS EN LIGNE ET CONTACTEZ MOI POUR LE FORMAT PDF, JE TIENS A PRECISER QUE L'ANGLAIS M'A ETE ENSEIGNE PAR DES FRERES RASTAS JAMAICAINS ET DANS LES RUES DE FRONT LINE BRIXTON PENDANT MON SEJOUR LABAS DE 1985 A 1988, JE N'AI PAS EU D'EDUCATION SCOLAIRE, MAIS J'AI OUVERT GRANDE MES OREILLES ET AI ECOUTE LA SAGESSE QUE DES FRERES NOUS DIVULGUAIENT LORS DE CES SOIREES NYABINGHY AINSI QUE DES AMIS QUE JAH A MIS SUR MON CHEMIN.
(RESPECT A JOHN PEARCE MON AMI MON FRERE MON PERE, BROTHERS DADA, MICKAEL, DERICK, JOHN, COCO, ISRAEL, SAMI ET TOUS CEUX DONT J'AI OUBLIE LE NOM MAIS QUI SONT GRAVES DANS MON AME ET MON COEUR CAR INI SAIT QUE NOUS NOUS RETROUVERONS TOUS POUR LE FESTIN DE JAH)
J'AI COMMENCE A TRADUIRE DES DISCOURS DE SA MAJESTE EN 1985 ET N'AI SANS CESSE ARRETER DE LES FAIRE PARVENIR EN FRANCE , CES TRAVAUX ONT TOUJOURS ETE FAIT AVEC MON COEUR ET POUR CE LIVRE JE SUIS RESTE FIDELE A CE PRINCIPE.
PRIONS POUR QUE LA VERSION ORIGINAL DE SA MAJESTE SOIT TRADUITE EN FRANCAIS
EN ATTENDANT BONNE LECTURE AVEC JAH.
Ce livre a été traduit en français afin de permettre aux personnes s'intéressant à l'histoire de l'Ethiopie de découvrir au travers de la plume de Son Impérial Majesté Haile Selassie I une époque de l'histoire contemporaine de ce Royaume millénaire. Haile Selassie I, élu de Dieu, Roi des Rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, 225ème descendant du Roi Salomon, Empereur d'Ethiopie fut à la fois un Homme saint et mystérieux qui défia la chronique aussi bien avant que lors de son règne qui dura 58 ans dont 44 années pendant lesquelles il fut Empereur de ce merveilleux pays. Encore aujourd'hui, ses idées font de lui l'homme le plus controversé de ce siècle.
Il naquit le 23 juillet 1892, son père Son Altesse Ras Makonnen – Joseph en français - le prénomma Tafari ou « Créateur » en éthiopien. Sa Mère s'appelait Wayzäro Yashimabet, ou « Mère de Dieu », elle n'eut qu'un seul enfant et fut rappelé à Dieu à l'âge de trente ans.
Dès douze ans, la sagesse de Tafari fut reconnue en occident, il reçut la visite de missionnaires allemands, emmené par le docteur Friedrich Rosen qui déclarait dans la revue « Eine Deutsche Gesandtschaft in Abyssinien », Leipzig 1907, page 83/4 : “Lidj Tafari est mince et délicat. Ses traits sont authentiquement sémitiques et sa couleur est assez claire ; les deux sont les marques du sang noble d'Ethiopie. Son attitude est calme et digne, sa conversation est limitée à l'échange de courtoisie et de compliment. L'entretien fut tenu en Amharéen à la demande du Prince bien que, d'après la rumeur, il maîtrisait parfaitement le français. Il accepta nos présents et nous remercia avec courtoisie mais ne dévoilait aucun signe extérieur de plaisir (car de telles manifestations sont, traditionnellement, destinées aux gens ordinaires..). Ses questions sur les armes et sur le matériel montraient son intérêt et sa compréhension. Lorsque je tentais de le photographier, le Prince me demandait d'y renoncer car il n'avait reçu aucune instruction de la part de son père à ce sujet.”
Tafari devint un an plus tard Dejazmatch dans la grande région de Gara Mulata. Les nobles éthiopiens étaient troublés par la sagesse de l'enfant Tafari. En 1916 lorsqu'il eu vingt-cinq ans, il fut couronné Négus Ras Tafari. Le 2 novembre 1930 Ras Tafari fut courroné Empereur et chef de l'église Orthodoxe d'Ethiopie, sous les yeux de la totalité des nations du monde – y compris les douze puissances coloniales occidentales - venues admirer le Roi des rois. S.M.I révélait alors au monde entier, lors de la cérémonie d'onction, son nom Haile Selassie I - Pouvoir de la Sainte Trinité en éthiopien (Ap 2:17, 3:12, 5 :5).
Lorsque vous aurez pris connaissance de la place de l'église Orthodoxe éthiopienne dans la Foi du Christ - première Eglise fondée à l'époque de l'Eunuque Ethiopien baptisé par le diacre Philippe (Actes 8:26/40) - vous serez alors en mesure de comprendre l'importance de cet homme.
Sa Majesté Impérial gouverna son peuple et son pays pendant 58 ans dans la JUSTICE ET EN PLEIN ACCORD AVEC LA VOLONTE DE DIEU.
Ceci devrait servir de modèle aux gouvernements actuellement en place quelque soit leur origine continentale. L'Empereur savait, comme aucun autre, soulager les pauvres des charges financières (taxes et impôts) et les répartir équitablement dans tout le peuple ; alors que son pays se trouvait dans un état moyenâgeux, l'Empereur l'a mené vers les plus hauts sommets de la technologie contemporaine (constitution, loi, hôpitaux, écoles, universités, industries, transports, infrastructures, administration, etc.).
Ce livre nous révèle aussi le génocide le plus meurtrier du 20me siècle, triste record tenu par les fascistes italiens.
L'Empereur rencontrait Mussolini, en 1924 lors de son voyage en Europe, à la suite des invitations de dirigeants européens. Ce même homme envahissait l'Ethiopie en 1935 et organisait le plus sombre massacre d'une nation, d'un peuple, d'une terre et de son patrimoine religieux.
Il fit pulvériser des poisons mortels (gaz ypérites et gaz moutarde) sur le peuple et sur les terres, qui furent empoisonnées – et où la sécheresse sévit encore de nos jours – entraînant la famine et la misère. Il donnait l'ordre d'incendier les églises, alors que les gens s'y trouvaient pour prier et écouter les sermons. Femmes, enfants et vieillards furent tués lors de ces incendies. Les Ethiopiens étant très croyants et pratiquant, beaucoup se rendaient aux messes, ce qui entraîna énormément de morts parmi la population civile. De même, l'armée italienne bombardait les villes, les villages et les hôpitaux privés de la Croix Rouge ; de ce fait, les blessés ne pouvaient plus être soignés.
Le monde resta muet face à la violence de ces massacres car il avait peur des fascistes. Le monde devrait en avoir honte car l'Ethiopie avait été admise au sein de la Ligue des Nations (aujourd'hui l'ONU) le 28 septembre 1923 après un vote de tous les Etats membres et avec - ce qui est déroutant ! - l'appui des italiens. La Ligue des Nations regroupait 52 gouvernements du monde qui avaient conclu un pacte d'assistance et de défense mutuelle en cas d'agression d'un tiers pays, ainsi que le boycottage de l'agresseur. Or, la Ligue des Nations fermait les yeux au moment de l'attaque italienne contre l'Ethiopie.
Lors d'un discours devant l'assemblée de la Ligue, l'Empereur prévint l'Europe des risques qu'elle encourait et qui s'abattraient sur elle si elle acceptait cette invasion et ne faisait rien pour y mettre fin. Cet événement eu lieu le 30 juin 1936 et trois ans plus tard la deuxième guerre mondiale éclata.
Vous découvrirez, aussi, dans ce livre les accueils et les discours donnés en l'honneur de Sa Majesté l'Empereur lorsqu'il se rendait dans les pays européens pendant sa tournée de 1924. Sa Majesté l'Empereur fut invité par un grand nombre de dirigeants à venir les rencontrer et à visiter leur pays, car tous connaissaient la Sagesse avec laquelle l'Empereur gouvernait son royaume. Ce livre nous permet de découvrir une Europe à genoux devant Sa Majesté Ras Tafari. Une première pour un Roi africain !
Enfin vous aurez la possibilité de découvrir le calendrier éthiopien qui diffère du calendrier grégorien (calendrier que nous utilisons) de sept années environ de retards, il comptabilise treize mois. Ceci étant du à la scission entre l'église catholique romaine et orthodoxe d'Ethiopie. Les dates figurants dans cette ½uvre et auxquelles se réfèrre l'Empereur sont, par conséquent, exprimées relativement au calendrier éthiopiens, c'est pourquoi vous trouverez entre parenthèses à coté de celle ci leur traduction grégorienne. De même aucun nom propre éthiopien n'a été franchisé.
Et pour finir, j'ai demontré un rapprochement entre la vie et les paroles de Sa Majesté, celles de Jesus Christ « Yesus Christos » et certaines de nos Patriarches selon les Livres Saints issus de la Sainte Bible de Louis Segond traduite à partir des textes originaux en hébreu et en grec et imprimé en 1910.
Sa Majesté l'Empereur Ras Tafari Haile Selassie I restera un exemple de bonne conduite pour chaque homme sur terre, petits et grands, pauvres et puissants. Il est le symbole de la Noblesse de l'Afrique qui régnait sur terre bien avant les Grecques et les occidentaux. L'espoir d'une vie meilleur où la Justice et la Vérité s'installeront et triompheront de Babylone.
M. Macé Mawuli Pascal.
De Sa Majesté Impériale Haile Selassie I Empereur d'Ethiopie
Certaines personnes ont écrit l'histoire de ma vie, représentant comme vraie ce qui découle en faite de l'ignorance, de l'erreur ou de la jalousie ; ils ne pourront pas ôter la vérité de sa place, même s'ils essayent de le faire croire à d'autre.
A cette heure, J'ai trouvé le temps et l'occasion d'écrire l'histoire de ma vie, Je préface mon écrit en présentant la prière suivante à mon Créateur, puis Je continuerais ce récit.
Aucune créature ne peut connaître, même après avoir étudié, ce subtil secret que Vous seul connaissez la raison pour laquelle, aujourd'hui vous avez fait sombrer le peuple éthiopien, de l'Empereur à l'homme ordinaire, dans une mer de détresse et celle pour laquelle vous faîtes nager le peuple italien, ainsi que son Roi, dans une mer de joie.
Comme tout ce qu'une créature, ayant foi et créée à Votre image et à Votre ressemblance, Vous demandera, lui sera donné, jusqu'au jour où Vous retrancherez son âme de son corps, Nous Vous implorons pour que l'Ethiopie ne soit pas privée de sa liberté et prostrée par une souveraineté étrangère. La bouche du peuple est silencieuse à cause de la frayeur provoquée par ce gouverneur étranger. Mais, grâce à Votre bonté, Vous les sauverez de peur que leurs c½urs ne soient tourmentés, étant déshérités de leur propre souveraineté qui les guidait sous un joug éclairé, et avec fierté, vers la civilisation.
O ! Seigneur ! Refuge des exilés, Lumière des aveugles ! Vérité et Justice sont les fondations de Votre Trône. Accueillez-nous, Nous qui avons dû quitter Notre pays qui subissait de violentes attaques. Nous ne vous implorons pas pour Notre justice mais à cause de Votre grande miséricorde.(Daniel 9 : 18)
Maintenant, J'envisage d'écrire l'histoire de ma vie, de ma treizième année à ce jour, sur la base de ce que Vous avez forgé, me faisant Votre outil. Je Vous prie pour que Votre volonté puisse me permettre de l'accomplir. Mon devoir est de révéler dans cette préface les raisons qui m'ont poussé à le faire, bien que rien ne Vous soit caché.
Premièrement, Votre nom doit être loué pour tous ce que Vous faites, agissant selon Vos désirs.
Deuxièmement, quand un homme est respecté dans ce monde et élevé au-dessus des autres créatures, il doit savoir que ce n'est pas grâce à ses mérites mais seulement à cause de Votre bienveillance et de Votre générosité.
Troisièmement, lorsque le nom d'une personne sera mentionné au cours de cette histoire, ce ne sera pas par iniquité ou par partialité - évitons ce malentendu -, Vous savez que nous laissons notre c½ur être témoin que Nous n'écrirons que la Vérité.
Quatrièmement, si Vous me permettez d'écrire comme je l'ai prévu, bien qu'il n'y ait rien qui ne soit pas inscrit dans les Saintes Ecritures, puissent nos frères et nos parents, qui se révolteront dans l'avenir, se rappeler la phrase que Vous avez prononcé : “ Sans Moi, vous ne pouvez rien faire ” (St Jean 15 : 5 ), et que leur c½ur soit convaincu qu'ils ne pourront accomplir tous ce qu'ils désirent qu'avec Votre aide.
Cinquièmement, à moins qu'un homme ne s'acquitte de sa tâche de lui-même et persévère dans cette voie, aussi bien dans la joie que dans le malheur, conscient d'être Votre outil, il devra réaliser qu'il doit se servir de l'éducation qu'il a pu acquérir ou de son talent inné pour progresser, car sa responsabilité ne cessera pas, même, s'il agit totalement sous la volonté d'un autre.
Sixièmement, quel que soit l'ouvrage qu'ils auront entrepris, laissez les comprendre et être persuadé, qu'il ne se réalisera jamais parce qu'ils le désirent ou parce qu'ils se hâtent à le faire mais que cela se réalisera au moment voulu.
Je Vous loue afin que cette prière puisse être en accord avec Votre volonté.
Ainsi Nous-mêmes, par Notre descendance de la Reine de Scheba et du Roi Salomon, Nous avons accepté plein de confiance en 1909 (1916) la Régence du Royaume d'Ethiopie, puis plus tard la dignité impériale qui Nous appartient encore aujourd'hui. Nous avons entrepris d'améliorer de Notre mieux et peu à peu l'administration interne de Notre pays en introduisant des modes de civilisation occidentale par l'intermédiaire desquelles Notre nation pourrait atteindre un plus haut niveau ; ainsi Notre conscience n'aurait aucun remords.
Explication de la notion “peu à peu” :
Cela ne serait pas intelligent de prendre ce qu'a un enfant dans sa main avant de l'avoir gentiment persuader de vous le donner et après l'avoir aider à s'y habituer, ni de donner à un bébé de la nourriture sans la lui montrer et la lui avoir fait goûter car il ne désirera pas la manger. Hormis le lait ou un autre liquide, il ne pourra pas se nourrir avant qu'il n'ait des dents.
De la même façon, des personnes vivant depuis toujours avec leurs habitudes dépourvues d'éducation scolaire, de savoir oral et vu de leurs propres yeux, doivent être, grâce à la pédagogie, habituées à abandonner leurs anciennes habitudes avant de leur faire accepter de nouvelles coutumes . Peu à peu par la patience et les études pendant une période prolongée, et surtout pas au moyen de méthodes cruelles ou précipitées, ils adopteront les coutumes qui se révèleront plus utiles pour eux.
En 1901 (1908-9), l'Empereur Ménélik4 tomba gravement malade et prit sa convalescence chez lui, peu de temps après Ras Bitwaddäd Täsämma5, le tuteur de Ledj Iyassu6, mourrut subitement, entrainant ainsi l'acceptation par Ledj Iyassu de la responsabilité de guider le gouvernement. Cepandant il ne fut capable d'assumer ses responsabilités que six ans plus tards. Quand j'ai moi-même pris cette responsabilité en 1909 (1916), Je devais absolument réparer la négligence chaotique de ces six dernières années et commencer le travail qui n'avait pas été entrepris – soit l'introduction d'une nouvelle civilisation. J'ai passé mon temps à travailler de mon mieux, tandis que mes propres idées et mon peuple, qui était attaché aux anciennes coutumes (ces dernières ayant beaucoup de supporters) me pressaient comme un morceau de bois dans un étau de fer. Il était rare que je puisse passer du temps dans des conversations futiles ou avoir des divertissements. Tous ce qui a changé dans l'administration interne antérieurement et les innovations que j'ai apportées, ainsi que certains aspects inspirés des civilisations étrangères que J'ai introduit dans le pays seront trouvés plus tard dans ce livre, de façon chronologique.
A cause de cela, dès le début, Nous avons rencontré certaines difficultés internes et externes causées ici et là par des habitants du pays ou par des étrangers ; ceci constituait un obstacle à Notre travail d'innovation. Il était, ainsi, essentiel d'effectuer patiemment toutes ces choses afin d'éviter tout bouleversement, toutes effusions de sang et toutes divisions tribales. Nous étions conscient, avant de prendre en charge le gouvernement, que ces bouleversements internes constitueraient une contribution utile aux desseins de nos ennemis. Nous étions particulièrement convaincu que la politique dirigée contre Nous était le résultât de la jalousie de Nos enemis :
• Notre établissement d'une constitution qui consolidait l'unité de l'Ethiopie.
• Nos ouvertures d'établissements scolaires pour fille et garçon.
• Nos constructions d'hôpitaux où la santé de Notre peuple était sauvegardée.
• Ainsi que toutes les différentes sortes d'initiatives par lesquelles l'indépendance de l'Ethiopie était renforcée non seulement du point de vue de l'histoire nationale, mais, surtout maintenant, par ces faits.
Pour cette raison, Nous prenions garde d'éviter toutes divisions tribales au sein de Notre peuple et Nous ne désirions pas prendre des mesures contraignantes qui leur seraient apparues oppressantes. Pendant ce temps, alors que Nous nous étions engagés dans ce travail d'attention et commencions à guider Notre peuple sur la route de la civilisation, Notre ennemi, l'Italie, Nous défiait violemment. Elle envoyait plusieurs contingents munis d'équipements militaires modernes, beaucoup d'avions de guerre et de chars. Elle rompait les accords de la Ligue des Nations et nous combattait, utilisant des mitrailleuses, de l'artillerie et des armes modernes plusieurs fois supérieures en qualité et en quantité à Nos équipements. Par la suite, Nous en avertissions la Ligue des Nations et, libre de toute panique en Notre c½ur, Nous soutenions Nos armées. Tandis que Nous résistions fermement en nous défendant de notre mieux, ils déversaient sur nous toutes sortes de gaz et de poisons capables de causer des dégâts irréparables et qui, de plus, sont interdits par les lois internationales. Ils bombardaient la Croix Rouge Internationale, ses docteurs et ses équipements médicaux. Ainsi, ils empêchaient ceux qui étaient atteints par les bombardements ou par les tirs des mitrailleuses et ceux qui suffoquaient à cause des gaz toxiques de recevoir des soins médicaux d'urgence ou du repos. Comme tout soldat ordinaire, Nous allions combattre, Nous même, pour Notre liberté. Nous commandions nos troupes aussi comme chaque officier. Nous n'avions pas de moyens de défense efficaces, excepté quelques armes modernes, car il nous était impossible d'obtenir des armes supplémentaires, ceci nous étant interdit. Après avoir résisté de Notre mieux avec des armes vieilles de quarante ans, nous étions, à cet instant, vaincus d'une manière honteuse.
La raison pour laquelle Nous nous sommes exilé à l'étranger et certains autres problèmes seront trouvés ultérieurement dans ce livre.
Nous voudrions donc rappeler, assurément et sérieusement, à tous les sujets éthiopiens de persister à étudier continuellement, en le faisant de leur mieux, le passé de l'Ethiopie, dès les premières phases de l'Histoire, de peur que sa Liberté ne soit complètement exterminée dans l'avenir. Tout particulièrement maintenant que Notre pays l'Ethiopie est accablée de périls qui donnent lieu à de l'anxiété pour son indépendance. Nous voudrions aussi exhorter tous ceux sujets non éthiopiens, qui haïssent l'agression et aiment la Vérité et la Justice, de ne pas cacher leur soutien pour cette cause : la Liberté de l'Ethiopie, les gens libres par leurs conseils et les prêtres par leurs prières.
Haile Selassie I, Empereur d'Ethiopie,
Lion conquérant de la tribu de Juda, élu de Dieu
Par la suite, comme le Roi était convaincu de la loyauté de Makonnen, il fut admis au service du gouvernement (après l'avoir éprouvé plusieurs fois dans les tâches qui lui avaient été confiées) et élevé au rang de Balambaras en 1868 (1876) alors qu'il n'avait que 24 ans. À la même période Makonnen se maria avec Wayzäro Yashimabet , ma mère, elle fut sa femme par la loi . Lorsque Ménélik était Roi de Shoa, mon père conduisit une expédition militaire à Harar et restaura cette ancienne province d'Ethiopie. À l'instant où le Roi apprit qu'il fut un valeureux guerrier durant la bataille, un guide et un ami pour les soldats, il le nomma, pendant l'occupation de Harar, gouverneur de la ville, de sa province et commandant en chef (Dejazmatch). Quand Ménélik fut couronné Empereur et Roi des Rois d'Ethiopie, il éleva mon père au rang de Ras en Miyazia 1882 (avril 1890).
Mon père dirigea l'expédition de Harar, où il dut laisser derrière lui ma mère Wayzäro Yashimabet, sa femme légitime, épousée selon les coutumes du Christ. Lorsque la paix fut instorée, il la laissait le rejoindre à Harar.
Il sécurisa, ensuite, la région d'Ogaden qui n'avait pas encore été incorporée à la province d'Harar. Bien qu'il dut quelques fois établir des stratégies militaires, il continuait à soulager le poids des taxes qui pesait lourdement sur le peuple.
Je suis né le 16 Hamle 1884 (23 juillet 1892) dans l'année de St Jean à Ejarse Goro, non loin de Harar. Wayzäro Mazlaqiya, la fille de la s½ur de mon père Wayzäro Ehta Maryam, avait épousé Dejazmatch Selasse Abaynath. Quand J'eus quatre mois, elle donna naissance à Emru - aujourd'hui Ras Emru. Nous avons grandi ensemble comme des jumeaux. A l'âge de 7 ans, mon père engagea spécialement un instituteur et Nous commençâmes notre instruction à domicile. Trois ans après avoir commencé nos études, Nous fûmes capables de lire et d'écrire l'amarhéen et le Ge'ez. Notre éducation était semblable à celle des enfants ordinaires, nous n'avions aucune faveur ou privilège indu, non pas comme certains princes à la même époque. Ma mère, Wayzäro Yashimabet, âgée d'à peine trente ans, mourut le 6 Mägabit1886 (14 mars 1894) et fut incinérée à l'intérieur de l'église St Michael de Harar par l'eau épiphanie. J'appris tout cela bien plus tard par ceux qui étaient chargés de mon éducation.
Mon père dut, pendant de nombreux mois, se rendre à Addis Abéba et conduire assez fréquemment des expéditions militaires dans plusieurs autres provinces d'Ethiopie, il y passa plus de temps que dans sa propre province d'Harar. Il fut aussi envoyé dans plusieurs pays comme ambassadeur du Gouvernement éthiopien.
Voici quelques-uns des voyages entrepris par mon père S.A Ras Makonnen : en 1881 (1888-9) il fut envoyé en Italie, en 1888 (1895-6) pendant la bataille de Alarge, il conduisit l'expédition militaire en tant que commandant en chef et fut accompagné de Ras Wale, Ras Mika'el, Ras Mangasha Atikam, Ras Alula, Dejatch Walde, Fitawrari Gabayahu, Fitawrari Takle, Liqa Makwas Adnaw et Qägnazmatch Taffasa; en 1890 (1897-8) il entreprit une campagne dans l'Ouest de l'Ethiopie à la frontière Soudanaise, dans les pays arabes ;région appelée de nos jours Beni Shangul.
En 1891 (1898-9), quand Nous apprîmes que Ras Mangasha, le gouverneur de Tigre et de sa province, s'était rebellé contre l'Empereur Ménélik, Ras Makonnen fut envoyé à Tigre pour sauvegarder l'ordre et surtout la sécurité de la province – tout comme il l'avait fait quand il était le gardien de Harar – il y resta deux ans. En 1894 (1902), il fut envoyé en Angleterre à l'occasion du couronnement du Roi Edwards VII. Grâce à la fréquence de ses voyages, il était l'homme qui avait effectué et conclu le plus d'affaires et de relations avec des pays étrangers (tâche qui de nos jours est accomplie par le Ministre des Affaires Etrangères). Par conséquent, il devait souvent se rendre à Addis Abeba, pour consulter l'Empereur au sujet d'affaires capitales qui n'avaient pas pu être résolues lors de correspondances, préalables, postales ou téléphoniques. Comme la ligne de chemin de fer n'existait pas alors, le voyage d'Harar à Addis Abeba durait un mois.
Depuis que mon père avait découvert les civilisations européennes (ayant été deux fois en Europe) et puisqu'il était convaincu que leur éducation étaient d'une grande valeur notamment grâce aux conversations qu'il avait eues avec les étrangers venus en Ethiopie, il me fit apprendre leur langue. Mon père avait construit un hôpital dans sa ville à Harar et prit comme directeur un gentleman de la colonie française de la Guadeloupe : le physicien et docteur Vitalien. Il caressait l'espoir que le docteur Nous apprenne le français dès qu'il aurait un moment de libre, quelques temps plus tards, Nous commencions nos leçons.
Mon père voulait voir le peuple s'accoutumer au mécanisme de la civilisation qu'il avait observé en Europe et entreprit cette tâche dans sa propre province, pour débuter. Pour cette raison, il construisit le premier hôpital à Harar, dans sa ville. Un an après sa mort, le Gouvernement français acheta à Ménélik II cet hôpital pour 50.000 FF, voici cet accord :
Ménélik II, élu de Dieu
Roi des Rois D'Ethiopie
Puisse cette lettre parvenir à Dejazmatch Yelma
Comme Je l'ai fait observer dans la préface de ce livre, J'ai décidé d'écrire l'Histoire de ma vie dès l'âge de treize ans, car tout ce que j'ai pu faire avant était sous la direction et la conduite de mon tuteur. Bien que ma force physique n'était pas développée, mes pouvoirs intellectuels et spirituels augmentaient peu à peu, ainsi la porte de ce monde s'ouvrait devant moi ( luc 2 : 52). C'est à partir de cette époque que J'ai commencée à agir par ma propre volonté, sans être dirigé par mon tuteur, distinguant le bien et le mal, étant conscient que certaines actions pouvaient offenser certaines personnes, en satisfaire d'autre, ou faire du tort, mais que de toute façon elles seraient utiles. Ainsi, je commençais à escalader l'échelle de ce monde.
Comme l'amour qui existait entre mon père S.A. Ras Makonnen et moi était d'une puissance incomparable, je peux encore le ressentir aujourd'hui. Il avait l'habitude de me féliciter de mon obéissance et du travail que je faisais. Ses officiers et ses hommes me respectaient parce qu'ils voyaient combien mon père m'aimait.
Je voyais mon père S.A. Ras Makonnen s'efforcer de remplir de son mieux les ordonnances du Christ : il donnait de l'argent à l'Eglise, aux pauvres dans le besoin et priait à chaque moment opportun. En grandissant, le désir spirituel me guidait à l'imiter, à me comporter comme lui, cet exemple demeurera en moi à tout jamais. Il n'y en a pas un qui ignore la façon dont vivait mon père que cela soit dans le clergé ou au sein du Palais. À l'heure où j'écris ce livre, plusieurs personnes, qui ont été témoins de cette grande époque, sont toujours vivantes et savent que rien n'est exagéré. Comme mon père l'a fait remarquer ma conduite dépendit de mon éducation, sa joie grandissait constamment tout comme son affection.
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